Version Française L'Origine du Backgammon English Version

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THE SPORTS AND PASTIMES OF THE PEOPLE OF ENGLAND - Strutt, Joseph 1801

LES SPORTS ET LES LOISIRS DU PEUPLE D'ANGLETERRE - Strutt, Joseph 1801

   

BOOK IV Chap II

LIVRE IV Chap II

   

XVI BACKGAMMON, OR TABLES

XVI BACKGAMMON OU TABLES

The game of chess, and most of the pastimes derived from it, depend entirely upon the skill of the players, and afford no chance of success to an indifferent one if his antagonist possessed of more knowledge in moving the pieces than himself.

Le jeu d'échecs, et la plupart des loisirs qui en dérivent, dépendent entièrement de l'habileté des joueurs, et n'offrent aucune chance de succès si l'adversaire possède davantage de connaissances dans le déplacement des pièces.

Therefore, in order to bring two players of unequal talents nearer to a level, other diversions were invented, in which both chance and skill were united, as we see they are in the game at tables, which in Latin is called tabularum ludus, and in French tables. Hence the following line in the romance of Parise la Duchesse :

Aussi, afin d'amener deux joueurs de talent inégal près du même niveau, d'autres variations ont été inventées, pour lesquels la chance et l'habileté sont unies, comme visiblement dans le jeu des tables qui en latin est appelé tabularum ludus et en français tables. Comme dans la ligne suivante de la romance de la Duchesse Parise :

“Puis aprist il as tables et eschas joier” ;

Then he learned to play at tables and at chess. The game of tables is better known at present by the name of Backgammon. This pastime is said to have been discovered about the tenth century and the name derived from two Welsh words signifying “little battle”. But I trust, as before observed, that the derivation may be found nearer home. The words are perfectly Saxon, as Bac, or Baec, and zamen, that is Back Game ; so denominated because the performance consists in the players bringing their men back from their antagonists’ tables into their own ; or because the pieces are sometimes taken up and obliged to go back, that is, re-enter at the table they came from. The ancient form of the backgammon-table is represented by the annexed engraving.

Puis il apprit à jouer aux tables et aux échecs. Le jeu des tables est mieux connu à présent sous le nom de Backgammon. Ce loisir est supposé avoir été découvert vers le dixième siècle et le nom vient de deux mots gallois signifiant "petite bataille". Mais je crois, comme observé précédemment, que la provenance pourrait être plus proche. Les mots sont parfaitement saxons comme Bac ou Baec et zamen, ce qui donne Back-Game ; ainsi nommé parce que la performance consiste à faire revenir les pions de la table adverse vers leur table ; ou parce que les pièces sont parfois prises et obligées de revenir c'est-à-dire ré-entrer dans la table de départ. La forme ancienne de la table de backgammon est représentée dans la gravure en annexe.

108, Tables – XIII Century

The original of the engraving occurs in a beautifully illuminated manuscript in the Harleian Collection. The table, as here delineated, is not divided in the middle, but the points, on either side, are contained in a single compartment. Annexed is the representation of a backgammon-table at least a century more modern.

La gravure originale apparaît dans un manuscrit avec enluminures de la collection Harley. La table, comme représentée ici, n'est pas divisée au centre mais les points de chaque côté sont dans un seul compartiment. La représentation d'une table de backgammon plus récente de plus d'un siècle est donnée en annexe.

109, Tables – XIV Century

In this the division is fairly made, but the points are not distinguished by different colours, according to the present, and indeed more ancient usage. The writer of the latter manuscript, which is in the King’s Library, says, “There are many methods of playing at the tables with the dice. The first of these, and the longest, is called the English game, Ludus Anglicorum, which is thus performed : he who sits on the side of the board marked 1-12 has fifteen men (hominess) in the part marked 24, and he who sits on the side marked 13-24 has a like number of men in the part 1. They play with three dice, or else with two, allowing always (simper, that is, at every throw) six for a third die. Then he who is seated at 1-12 must bring all his men placed at 24 through the partitions (paginas), from 24 to 19, from 18 to 13, and from 12 to 7, into the division 6-1, and then bear them off ; his opponent must do the same from 1 to 7, thence to 12, thence to 18, into the 19-24; and he who first bears off all his men is conqueror.” Here we may observe, that the most material circumstances in which the game differed, at this remote period, from the present method of playing it, are, first, in having three dice instead of two, or reckoning a certain number for the third ; and secondly, in placing all the men within the antagonist’s table, which if I do not mistake the author, must be put upon his ace point. But to go on : “There is”, says he, “another game upon the tables called Paume Carie, which is played with two dice, and requires fours players, that is, two on either side ; or six; and then three are opposed to three”. He then speaks of a third game, called “Ludus Lumbardorum, the Game of Lombardy, and thus played : he who sits on the side marked 13-24 has his men at 6, and his antagonist has his men at 19;” which is changing the ace point in the English game for the size point : and this alteration probably shortened the game. He then mentions the five following variations by name only : the Imperial game, the Provincial Game, the games called Baralie, Mylys, and Faylis.

Dans celle-ci la division est présente mais les points ne sont pas de couleurs différentes, comme à présent, et en fait d'un usage plus ancien. L'auteur de ce manuscrit de la King's Library dit : "Il y a plusieurs méthodes de jeu aux tables avec des dés. La première, et la plus longue, est appelée le jeu anglais, Ludus Anglicorum, qui est : celui qui est assis du côté du plateau marqué de 1 à 12 a quinze pions (hominess) dans la case 24 et celui qui est assis du côté marqué de 13 à 24 a le même nombre de pions sur la case 1. Ils jouent avec trois dés, ou bien avec deux et toujours (simper, c'est-à-dire à chaque jet de dés) six pour le troisième dé. Alors celui qui est assis côté 1-12 doit amener tous ses pions placés en 24 à travers les cases (paginas) de 24 à 19, de 18 à 13, et de 12 à 7, jusqu'à la division 6-1, et enfin les sortir ; son adversaire doit en faire de même de 1 à 7, puis en 12, puis en 18, puis en 19-24 ; et celui qui sort tous ses pions le premier est le vainqueur." Ici nous pouvons remarquer que les plus grandes différences avec le jeu actuel, sont, premièrement, l'utilisation de trois dés au lieu de deux, ou en fixant la valeur du troisième ; et deuxièmement, le placement de tous les pions dans la table de l'adversaire, sur la première case si l'auteur n'a pas fait d'erreur. Mais aussi : "Il y a", dit-il, "un autre jeu de tables appelé Paume Carie, qui est joué avec deux dés et qui nécessite quatre joueurs, c'est-à-dire, deux de chaque côté : ou six, et alors trois contre trois". Il parle alors d'un troisième jeu, appelé "Ludus Lumbardorum, le jeu de Lombardie, et joué ainsi : celui qui est assis du côté marqué de 13 à 24 a ses pions en 6, et son adversaire a ses pions en 19", les poins ne sont pas sur la case 1 comme dans le jeu anglais mais sur la case 6 : et cette modification raccourcit probablement la partie. Il mentionne alors le nom des cinq variantes suivantes : le jeu Impérial, le jeu Provincial, les jeux appelés Baralie, Mylys, and Faylis.

 

 

XVII BACKGAMMON – ITS FORMER AND PRESENT ESTIMATION.

XVII BACKGAMMON – SON SUCCÈS AVANT ET MAINTENANT.

At the commencement of the last century backgammon was a very favourite amusement, and pursued at leisure times by most persons of opulence, and especially by the clergy, which occasioned Dean Swift, when writing to a friend of his in the country, sarcastically to ask the following question : “ In what esteem are you with the vicar of the parish ; can you play with him at backgammon ?” But of late years this pastime is become unfashionable, and of course it is not often practised. The tables, indeed, are frequently enough to be met with in the country mansions, but upon examination you will generally find the men deficient, the dice lost, or some other cause to render them useless; Backgammon is certainly a diversion by no means fitted for company, which cards are made to accommodate in a more extensive manner, and therefore it is no wonder they have gained the ascendancy.

Au début du siècle dernier, le backgammon était un divertissement très prisé, et pratiqué pendant les loisirs par la plupart des riches et notamment par le clergé, qui a amené Dean Swift, lorsqu'il écrivait à un ami, à poser sarcastiquement la question suivante : "Quelle est votre relation avec le vicaire de la paroisse ; pouvez-vous jouer au backgammon avec lui ?" Mais depuis de nombreuses années ce passe-temps est devenu désuet, et bien sûr il n'est plus beaucoup pratiqué. Les tables, en fait, sont souvent rencontrées dans les foyers mais après examen vous verrez que des pions sont manquants, le dé est perdu, ou d'autres causes qui le rendent inutilisable; le backgammon n'est certainement pas adapté pour faciliter la convivialité, contrairement aux cartes qui ont pris par conséquent l'ascendant.