Version Française The Origin of Backgammon English Version

Home | Timeline | Bibliography | Gallery | Search | Links | Contact ]

----------------------------

 

De Vetula - Pseudo-Ovidius 1250

De Vetula (BL Harley MS 5263) is Latin poem from 13th century written in dactylic hexameter and split up into three books.

 

During the 14th century, Jean Lefèvre (1320-1380), Procureur au Parlement de Paris, translated it into old French in "la Vieille ou Les Dernières Amours d’Ovide" (BN ancien fonds 7235 / Fonds de Saint-Germain Français 1650).

 

XXVIII  

Du Jeu des tables et comment Ovide dit
qu’ilz ne sont point mains dommageables ques les dez.

Excusare tamen speciem Ludi deciorum
Nituntur, cum quâ deducitur alea pernix:
Ipsam, dicentes, pauco discrimine rerum
Pasci posse diu, tanta est dilatio ludi,
Tanta lucri damnive mora est : successio cujus
Tot parit eventus, quot iactus continet in se,
Fine tenus, ludus, nec solâ sorte, sed arte
Procedunt acies, & inest industria mira.
Praesertim cum multimodè mutatio Ludi
Quolibet in jactu disponi possit, eo quod,
Sicut praecessit jactus, diversificantur
In punctaturâ propriè : quia schema cadendi
Nil operatur in hoc, sed punctatura docet, quid
Lusoris faciat viso solertia jactu.
Quomodo militiam disponat, ibi legit, unde
Transferat et qua quam vel quas ter quinque suarum,
Et combinat eas, ne si capiantur ab hoste
Solivage, cogantur, ut ad sua castra recurrant,
Et numeros perdant impensos, solivagasque
Hostiles capit ad sua castra recurrere cogens,
Damnificansque hostem numeris, quib egerat illas,
Districtusque preoccupat, angustatque meatus,
Ut pateat via tuta suis ad circumeundum,
Atque negetur ei, quibus adversaries uti
Debet. Sed postquam precluserit omnia, néve
Descendat series sua precipitantius eque,
Exponit quasdam capiendas sponte suarum,
Ut renovet, sursumque reciprocet obsidionem,
Restauretque suam, si rupta est fortè, catenam,
Donec tot teneat captivas, quot recipi vix
Possent in castris, etiamsi castra vacarent:
Vel donec, que transierant, ita precipitate,
Sint, vel dissute, quod non possent retinere,
Si quam captivam regredi contingeret illuc.

Aucuns se veulent excuser
Du gieu des dez, pour amuser
Au gieu qui est de trente tables ;
Ne sont gaires mains dommageables,
C’est un gieu de guerre partie,
Quinze en a de chascune partie1.
Si dïent quant on leur oppose,
Qu’on paist le gieu de pou de chose,
Car gaaing ni vient pas en l’eure,
Et le dommaige assez demeure,
Par la longue dilacion
Du gieu par variacion ;
Car autant y a d’aventures
Comme on y gecte de pointures.
Le gieu ne se fait point par sort,
Mais part art assavoir plus fort.
[vers 1286] C’est un jeu de guerre partie,
Quinze en a de chascune partie2
De deux coulours qui les champissent,
De deux chasteauls en un champ yssent.
Dont merveilleuse est l’industrie,
Et soutille en est la maistrie,
Pour ce qu’on puet multiplier
Son gieu, par ses tables lier,
Selon les poins de la cheance,
Qui enseignent quelle ordonnance
Le joueur puet de ses gens faire,
Et comment doit ses tables traire
Par devers soy, et combiner
Si a peril au cheminer.
Car se l’ennemi les puet prandre,
Il les convient es chasteauls rendre,
Quant elles sont seules trouvées,
Dont souvent perdent les rentrées.
Tant que l’adversaire s’avance,
Le gieu gist souvent en balance,
Quant on y estoupe la voie
Par poins lier ; et toutesvoie,
Quant on a à rentrer des tables
A cest gieu, qui est mal estables,
Et souvent se diversefie,
Dont je tien pour foul qui s’y fie,
A la fois tout le gieu recueuvrent,
Selon ce que les chances euvrent,
Et que cil le scet ordonner
Qui soutilment le doist mener,
Quant sa chaienne puet reffaire
Pour retarder son adversaire.

----------------------------

NOTES

1   ces deux vers manquent dans le ms. 1650 S. G. F. et probablement avec raison puisqu’ils sont répétés plus bas, vers 1285 et 1286.

2   C’est une guerre assez partie,
     Quinze en y a de chascune partie.

                                            Ms 7235, anc. Fonds.